Racontez votre journée à un petit animal en pixels, et il vous la rendra sous la forme d’une page de journal intime, rédigée avec ses mots et ornée d’un dessin. Meta propose ce drôle de Tamagotchi gratuitement aux adultes des Philippines, sur iOS et Android, avec l’application Waddle World.

Avec ce nouvel essai, Meta prend soin de préciser que son animal n’a rien d’un chatbot, alors que des procès accusent les concepteurs de compagnons virtuels d’avoir nui à des adolescents - ©Google Play Store
Avec ce nouvel essai, Meta prend soin de préciser que son animal n’a rien d’un chatbot, alors que des procès accusent les concepteurs de compagnons virtuels d’avoir nui à des adolescents - ©Google Play Store

Ce n'est pas ce qu'on appelle un lancement en grandes pompes de la part de Meta, même si cela ne concerne qu'une petite partie de notre monde réel. Le consultant en réseaux sociaux Matt Navarra a repéré l’application et pour lui, « En gros,Tamagotchi rencontre ChatGPT », dit-il sur son compte X. TechCrunch a demandé à Meta si Waddle World, car c'est ainsi que l'application s'appelle, sortirait dans d’autres pays, sans obtenir de réponse, et le téléchargement en France n'est pas disponible à l'heure où on vous écrit cet article.

Le groupe de Mark Zuckerberg teste ainsi, une à une, des applications d’IA grand public, après Pocket pour créer des jeux en les décrivant et Vibes pour générer des vidéos. Avec ce nouvel essai, Meta prend soin de préciser que son animal n’a rien d’un chatbot, alors que des procès accusent les concepteurs de compagnons virtuels d’avoir nui à des adolescents.

Un journal intime dicté à un animal en pixels

Au commencement, malgré les discordances, on a un œuf, qu’il faut tapoter jusqu’à ce qu’il se fende, avant de donner un nom à la petite créature cachée à l’intérieur. Elle vit sur une île en pixel art de style 16 bits, où sa chaumière, son grand arbre et son marché se rejoignent d’une simple pression sur la carte. Vous la nourrissez, vous lui offrez des jouets et vous lancez de courts mini-jeux pour attraper des étoiles ou empiler des provisions.

Au pied du grand arbre, vous pouvez parler à votre animal ou lui écrire et lui raconter votre journée. Il fait ensuite de ce récit une page de journal, écrite de sa voix et accompagnée d’un petit dessin. Sur le Play Store, Meta promet qu’il suffit de vingt secondes de conversation pour garder un souvenir à relire. Vous gagnez des timbres à chaque moment passé avec votre compagnon, puis vous les échangez contre de la nourriture et des jouets. Meta annonce un jeu gratuit, sans abonnement, où ces timbres ne s’achètent jamais.

Chaque semaine, l’animal vous envoie des cartes postales illustrées et téléchargeables, sur ce qu’il a fait et sur ce qu’il a entendu de votre bouche. D’après TechCrunch, Meta peut aussi vous adresser un courriel hebdomadaire, construit à partir de ce que l’animal a appris sur vous.

Dans la fiche de l’application, Meta écrit noir sur blanc que son animal n’est « pas un chatbot, pas un assistant, pas un outil de productivité ». L’entreprise promet un monde sans série de jours consécutifs à entretenir ni score à battre, où vous pouvez passer deux minutes ou vingt. Sur les boutiques d’applications, Meta affiche malgré tout l’IA en toutes lettres dans le nom complet Waddle World AI Pet Journal.

Des confidences rattachées à un compte Meta

Meta ne montre vos récits et les messages de l’animal à aucune autre personne, sauf si vous décidez de partager une carte postale. Depuis les réglages, vous pouvez exporter une copie de vos contenus et de vos données de compte, ou supprimer votre compte et les données associées. Meta parle ici des autres utilisateurs, et ne dit rien de l’usage qu’il réserve à ces textes. Sur le site de Waddle World, l’entreprise renvoie vers sa politique de confidentialité générale, sans préciser si ces récits servent à entraîner ses modèles d’IA.

Pour TechCrunch, Meta cherche sans doute à se tenir loin des applications de compagnie virtuelle, après les procès intentés à Character.AI et à OpenAI, accusés d’avoir mis en danger des adolescents avec leurs produits. Character.AI a déposé le bilan le 12 octobre, plombée par le coût de ses serveurs et par ses frais d’avocats. Meta réserve d’ailleurs Waddle World aux plus de 18 ans.

TechCrunch voit dans Waddle World un possible avant-goût du Muse Charm. Meta a présenté ce petit boîtier à l’allure de Tamagotchi lors de sa conférence Connect, le 23 septembre, et Mark Zuckerberg prévoit ses premières livraisons en décembre. Son propriétaire l’accroche à un porte-clés et parle à l’agent IA Muse sans déverrouiller son téléphone. Meta reprend dans Waddle World l’idée d’un petit personnage à soigner, mais se garde bien, dans la fiche de l’application, de prononcer le nom de Muse.